Chers Guinéens, aimons-nous pour sortir du sous-développement

Drapeau Guinéen

Chers guinéens,

1958 – 2016, voici maintenant 58 ans que la Guinée a accédé à la souveraineté nationale.

Certes, nous sommes libres et tenons les rênes de notre destinée. Mais nous arrivons difficilement à joindre les deux bouts !

Certes, nous sommes Guinéens, « souverains ». Mais nous continuons encore à tendre la main vers les puissances occidentales et les organismes internationaux dans l’attente d’un don.

Mais, chers Guinéens, pourquoi ?

Mais, chers compatriotes, qu’est-ce qui nous empêche donc de sortir du « sous développement » ? D’autres nations ont réussies. Pourquoi pas nous?

Nous avons de la bauxite (1ère réserve mondiale) ; de l’or ; du diamant ; du fer …

Nous sommes le château d’eau de l’Afrique Occidentale, de l’eau nous en avons en abondance !

Nous avons des forêts diverses et variées, du bois nous en avons !

Nos terres sont fertiles et nous avons des bestiaux !

Scandale géologique, terres cultivables et eau qui coule toute l’année, telle est le cadeau que mère nature nous a gratifié.

Mais, chers guinéens, pourquoi ?

Qu’est-ce qui nous empêche de sortir du « sous développement » ?

Certes, nous étions parmi les premiers à accéder à l’indépendance. Nous avions choisi « la liberté dans la pauvreté […]. » Mais nous aurions bien pu continuer dans « […] l’opulence dans l’esclavage ».

Certes, nous sommes devenu mature au fil des années que nous avons passé sans les maîtres d’entant. Mais notre mentalité, elle, n’a pas évoluée d’un pouce ! Elle est restée figée, stagne depuis des lustres, telle notre marre de Baro. Alors reconnaissons-le : nous ne nous aimons pas entre nous ! Nous privilégions nos intérêts personnels au détriment de celui de la nation. Nous sommes donc égoïstes et c’est là la source de tous nos malheurs.

Vous vous rappelez de mon article sur « le calvaire des usagers des routes guinéennes« ? Vous souvenez-vous « comment ce voyage me révéla toute la vérité » sur les coupeurs de routes ici en Guinée ; Quoi d’autre ? « Conakry, quand des policiers corrompus foisonnent nos carrefours » ou encore mon aventure « Dans un taxi de Conakry (2) » ? Une bonne partie de mes articles traite de la malhonnêteté dont ont fait preuve certains de nos concitoyens. J’ai l’impression que cela ne changera jamais. Ce que je vois n’est qu’une infime partie, le sommet de l’iceberg. Nous devons maintenant accepter de voire la vérité en face et de l’admettre. Et cette vérité c’est que : nous devons changer de mentalité, tous, autant que nous sommes. Nous devons laisser de côté l’ethnocentrisme. Nous devons nous aimez entre nous.

« Tu perds ton temps, ce n’est que peine perdue » me diront certains ; « courage » me lanceront d’autres avec un sourire ironique, un pincement de lèvre qui reflète avec exactitude le genre d’attitudes que je voudrais combattre. Quitte à être considéré comme un dégénéré ou pire. Car ici nous avons la fâcheuse habitude de critiquer les bonnes idées. Les esprits mal-intentionnés ont tendance à étouffer tous ceux qui prônent la bonne voie, l’amour. Mais moi je vous dit que le fou c’est celui qui suit et se cramponne derrière les mauvaises habitudes, qu’elles nous soient léguées par les générations antérieurs ou non. Je ne dis pas par la que tout ce que nos aînés nous ont laissé est mauvais, non, loin de là. Il y a des bonnes manières qui sont mélangées à de mauvaises. Telle la graine d’arachide pourrie qui fait que l’on recrache les bonnes, la mauvaise habitude en fait autant sur les bonnes.

1958 – 2016 , que d’années parcourues ensemble!

Chers compatriotes ! Nous devons nous séparer de toutes nos mauvaises graines : corruption – détournement de bien publics – gabegie financière – ethnocentrisme … ; la liste est longue, je préfère m’arrêter là. Encore une fois : changeons de mentalité !

Je suis fou-hein ? Mais moi je t’aime et toi non plus!

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *