Le coronavirus et les Guinéens ne font pas bon ménage

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29 avril 2020

Le coronavirus et les Guinéens ne font pas bon ménage

Covid-19

La Guinée à l’instar des pays du monde est touchée de plein fouet par le coronavirus. Tous les jours des dizaines de nouveaux cas sont notifiés dans le pays et les cas guéris sont peu nombreux. Si rien n’est fait pour rectifier le tir, la Guinée ne risque pas de se sortir d’affaire d’aussitôt. Beaucoup de facteurs entrent en jeu et montrent que le coronavirus et les Guinéens ne font pas bon ménage.

La population n’arrive pas à appliquer les consignes données par l’ANSS

La population étant majoritairement pauvre et analphabète n’arrive pas à appliquer à la lettre les mesures préconisées par l’état à travers l’agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS). Même si se laver les mains au savon ou à l’eau de javel, éviter de se saluer en se serrant les mains sont revenus dans le quotidien des Guinéens qui, rappelons-le, ont vaincus la précédente épidémie à virus Ebola, il est toujours difficile de se trouver un kit de lavage des mains pour soi et sa famille. Les kits, constitués de seaux et de robinets, s’arrachent comme des petits pains chez les commerçants qui en profitent pour spéculer et monter les enchères. Aussi, tout le monde ne sait pas encore comment bien se laver les mains. Car certains Guinéens pensent encore que se rincer la main sans savon suffit à enlever la saleté.

D’où la multiplication des messages de sensibilisation sur comment se laver les mains. Dans tout le pays des kits de lavage des mains ont été installés par les autorités et les personnes de bonnes volontés. Des podcasts en langues nationales ont été faits par des ONG afin de sensibiliser les analphabètes pour que le message touche un grand nombre de personnes.

Le coronavirus fait apparaître les masques en Guinée

Le masque est une nouveauté en Guinée. À cause du coronavirus bien sûr ! Le Guinéen fait l’expérience du port du masque pour la première fois de son histoire. D’ailleurs celui-ci a même été rendu obligatoire par les autorités. Et tout contrevenant se verra infliger d’une amande de 30 milles francs guinéens. Misère sur misère ! Quand on sait que la majorité de la population vit avec moins d’$1 par jour soit 10milles francs guinéens environs. On est tenu de bien respecter la règle sinon c’est notre bourse qui sera mise à mal. Ebola a fait du mal au porte-feuilles des Guinéens et le Covid-19 en fera autant ! Le coronavirus est différent, il se transmet aussi par l’air. D’où l’obligation de porter le masque. Les Guinéens achètent donc les masques, bon gré, mal gré.

Pour pallier au manque de masques chirurgicaux vendus dans les pharmacies et surtout au coût exorbitant de ceux-ci, la population a opté pour les masques locaux. Moins chers et lavables, ces masques sont réutilisables à souhait. Ils sont cousus par les tailleurs locaux et vendus à un prix raisonnable : 2500 francs guinéens comme préconisés par le chef de l’État lors d’une allocution télévisée suivi par toute la nation. Et tout le monde est content, clients comme commerçants. Et surtout les tailleurs. Car le secteur de la couture à l’instar de plusieurs autres secteurs est confrontée au chômage technique. Ils ont trouvé ainsi une activité très lucrative en confectionnant des masques. Ce qui les permet de joindre les deux bouts en cette période de vache maigre.

Le ramadan est devenu un mois sans partage ?!

D’ordinaire le mois de ramadan est l’occasion pour les Musulmans de se rassembler en famille. Les mosquées et centres culturels musulmans resteront fermés à cause du coronavirus. Si dans la majorité des préfectures et villes, les autorités religieuses ont suivi les recommandations des autorités sanitaires, ce n’est pas le cas de certains citoyens qui n’hésitent pas à se rassembler pour les prières collectives à la maison, entre voisins.

Le coronavirus est venu rompre une tradition séculaire qui veut que tous les Musulmans se réunissent en famille ou à la mosquée pour la rupture collective. Les prières du vendredi, les prières de nuits et qui sait, la grande prière de l’Aïd El Fitr ?!

Tout porte à croire que les Guinéens ne sont pas prêts pour en découdre avec le coronavirus. Vu le manque de respect ou l’ignorance des mesures dites barrières contre le coronavirus continuent à être ignorées par certains, et le nombre de cas notifiés dans le pays qui continue sa croissance exponentielle.

Si rien n’est fait pour contrer ce virus, ce ne sera pas que la situation économique et sanitaire qui en seront affectés par cette pandémie. Ce sera le fondement même de notre société qui s’effondrera.

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