Des solutions pour les réfugiés climatiques

Lorsqu’on parle des camps de réfugiés, on pense en premier lieu aux déplacés de guerres ou des conflits. Pourtant ce ne sont pas les seuls réfugiés dans le monde. Il y a un autre type de réfugiés : les réfugiés climatiques. Selon l’IDMC (Internal Displacement Monitoring Centre), ce sont plus de 24 millions de personnes qui ont fuit les catastrophes naturelles dans leurs localités pour trouver refuge sur des terres plus accueillantes [1].

Qui sont-ils ? Et pourquoi sont-ils obligés de migrer pour trouver refuge ailleurs. Que peut-on faire pour les aider ? Dans cet article, Cécilia et moi, nous nous sommes penchés sur la situation des réfugiés climatiques dans le monde et nous vous proposons de répondre à ces questions.

Une jeune fille au milieu des tombes de 70 enfants, pour la plupart morts de malnutrition dans le camp de réfugiés de Dabaab. Crédit : Wikimédia.

Avec le changement climatique, le nombre de réfugiés climatiques ne fait que croître, et ce d’une manière alarmante. Ainsi, 85% des événements climatiques extrêmes qui poussent les populations à l’exil sont directement liés au changement climatique [2]. Et lorsque l’on sait que le changement climatique s’est dramatiquement accéléré, au point de presque pouvoir le dénommer dérèglement climatique désormais [3], alors on ne peut que craindre un accroissement du nombre de réfugiés climatiques.

Qui sont les réfugiés climatiques ?

« Les réfugiés climatiques ou écologiques ou éco-réfugiés sont une catégorie de réfugiés environnementaux. Ce sont des personnes ou groupes qui sont forcés de quitter leur lieu de vie temporairement ou de façon permanente à cause d’une rupture environnementale (d’origine naturelle ou humaine) qui a mis en péril leur existence ou sérieusement affecté leurs conditions de vie.  Ce sont souvent des agriculteurs, mais aussi parfois des chasseurs-cueilleurs, des pêcheurs ou des éleveurs” [4].

Pourquoi sont-ils obligés de migrer ?

Le sujet des réfugiés climatiques est un sujet brûlant d’actualité. A la mi-mai 2017, au Kenya, de fortes inondations ont contraint près de 25 000 personnes à quitter leur domicile [5]. Le climat est une cause évidente de leur déplacement, ceux-ci s’étant retrouvés dans l’eau jusqu’aux genoux, ils pouvaient difficilement rester vivre dans ces zones.

Mais les conséquences de telles catastrophes climatiques sont telles qu’elles rendent impossible le maintien de ces réfugiés climatiques dans leur zone d’habitation. En effet, pour reprendre l’exemple des inondations au Kenya, celles-ci ont déplacé 9 000 animaux dans des troupeaux qui constituent la principale source de revenu de ces populations, principalement des agriculteurs, lesquels avaient déjà, par ailleurs, souffert des sécheresses les années passées. Moins d’animaux présents sur le territoire, cela revient à dire moins de revenus, et plus de pauvreté. Une raison pour laquelle les réfugiés climatiques sont obligés de migrer est donc afin d’éviter la pauvreté causée par les bouleversements climatiques dont ils ont été les victimes.

Quelles solutions pouvons-nous apporter à leur situation ?

Nous proposons ici quelques solutions générales portant sur la nécessité d’une protection des réfugiés écologiques au plan national mais aussi au plan international.

Les réfugiés climatiques sont dans la plupart des cas des personnes en danger. Nous devons leur apporter de l’aide et assistance au même titre que les réfugiés de guerre et de conflit. Cette aide doit aller de la simple assistance sur place, une aide humanitaire jusqu’à la mise en place de bonnes mesures de protection juridique.

  • La résilience face au changement climatique :

‘’La résilience écologique est la capacité d’un écosystème, d’un habitat, d’une population ou d’une espèce à retrouver un fonctionnement et un développement normal après avoir subi une perturbation importante (facteur écologique).’’[6]

Ce sont donc toutes les solutions que les gouvernements et les communautés peuvent faire pour s’adapter face aux crises écologiques locales ou globales qu’elles affrontent (entre autres la désertification, déforestations, tsunamis, crises climatiques, etc.). Il s’agit donc de toutes les solutions qui permettent de s’adapter aux aléas de la nature et à minimiser l’impact de ceux-ci sur la vie des populations. Parmi ces solutions on peut citer :

-le reboisement et la restauration des milieux naturels grâce aux techniques de génie écologique ;

– la construction d’ouvrages de protections tels que des digues, des jetées d’arrêt de sable pour arrêter l’érosion des littoraux [7]

  • Mesures de protections juridiques :

Contrairement aux réfugiés de guerres, les réfugiés climatiques ne jouissent pas de mesures de protections solides au niveau juridique : il y a un vide juridique. Pour aider les réfugiés climatiques, une discussion avait été mise en place par la doctrine française, spécialisée sur les questions relatives au droit de l’environnement et au droit international, qui s’est réunie à Limoges le 23 juin 2005 pour amorcer une réflexion pluridisciplinaire et prospective sur la nécessité d’un statut international pour le « réfugié écologique »[8]. En effet, une protection juridique internationale, à l’image de celle offerte par la Convention de Genève relative aux réfugiés politiques, doit être mise en place pour mieux protéger les réfugiés climatiques. Nous devons donc instaurer une ou des protections juridiques efficaces et construire des instruments juridiques internationaux universels pour combler le vide juridique qui existe concernant le statut juridique des réfugiés climatiques.

Idéalement, un statut juridique des réfugiés climatiques au niveau des Nations Unies leur permettrait d’obtenir une protection adéquate dans les pays où ils sont contraints de migrer. En pratique, l’adoption de ce statut semble peu évidente, dans la mesure où ceux qui le demandent sont principalement les ONG et non les Etats eux-mêmes [9]. Une solution peut être alors de faire un appel auprès des Etats pour les pousser à adopter tel statut.

D’un point de vue moral il est important de rappeler que  les populations qui souffrent de ces migrations sont généralement celles qui ont le moins pollué : les 10% des pays les plus riches du monde sont responsables de la moitié des émissions de CO2 [10], alors que ce sont les populations les plus pauvres qui en subissent, généralement, les conséquences. Les pays industrialisés devraient donc s’impliquer d’avantage pour trouver des solutions au problème.

En attendant de trouver une solution durable pour les réfugiés climatiques, il est toujours possible de continuer à lutter contre le changement climatique à l’origine de leurs difficultés, par chacune de nos actions au quotidien.

 

Sources :

[1] IDMC : 2017 Global Report on Internal Displacement

[2] Humanité.fr

[3] Les Echos

[4] Wikipédia : L’atlas du monde de demain, Paris, Le Monde, (notice BnF no FRBNF43774362 ), p. 159.

[5]Global Citizen

[6] Wikipédia : Résilience (écologie)

[7] Enquête/ Avancée de la mer détruisant les côtes: Abidjan et Grand-Bassam menacées de disparition

[8] Appel de Limoges sur les réfugiés écologiques du 23 juin 2005 (http://www.cidce.org/).

[9]Europe 1

[10] COP21: les 10% plus riches au monde responsables de la moitié des émissions de CO2

*Article paru en premier lieu sur La Voix Des Jeunes – UNICEF.

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