Quand il pleut à Conakry

Ce matin encore, des nuages commencent à s’accumuler progressivement dans le ciel ; ils annoncent l’arrivée de la pluie. Le ciel s’est obscurcit et ce, pour la 3è journée consécutive. Malgré que le soleil s’était levé avec une lueur d’espoir qui nous annonçait un moment de répit. Maintenant il se trouve compromis, encerclé par d’immenses nuages noirs qui le prennent en otage. Mais le soleil ne s’en ira pas comme ça, il a son dernier mot à dire ! […]

Comme c’est aujourd’hui mon premier jour de vacance alors je me suis installé près de ma fenêtre, le regard tourné vers l’extérieur, la rue. D’ici je contemple ce petit coin de rue. J’observe, impuissant, cette lutte entre les différents éléments de dame nature. Un grondement de tonnerre et quelques éclairs montrent clairement que le soleil perd peu à peu son combat et maintenant un souffle de vent signe sa reddition. Le soleil nous abandonne. Il a abdiqué et a rendu le pouvoir à la pluie qui n’a pas attendue longtemps pour se saisir de son dû et pour marquer son nouveau territoire, elle commence déjà à gicler quelques gouttes sur le sol. C’est le début d’une longue et ennuyeuse journée de pluie.

Je vois les gens se précipiter dans tous les sens pour regagner leurs domiciles ou un petit abri qui les protégera de la pluie. Très lentement, la pluie se déchaîne en créant de petits lacs d’eau qui ont fini par communiquer entre eux et finalement ils forment les premières eaux de ruissellement qui se jetteront très certainement dans les caniveaux déjà remplies par la pluie de la veille…

Petit à petit l’eau monte. Elle atteint maintenant les chevilles des piétons qui ont plié leurs pantalons ou soulever leurs pagnes par crainte de les mouiller. Quant aux malheureuses personnes qui ont portés des paires de chaussures de sport, des souliers ou les dames avec leurs talons, eh bien ; elles sont obligées de patauger dans cette inondation. Franchement, Mesdames et Messieurs, pourquoi porter de telles chaussures en ce temps pareil ? Dans une eau de ruissellement qui prend peu à peu la teinte brune de la terre que des véhicules ramènent en surface par leur passage sur cette ruelle non bitumée.

Cela fait maintenant une heure que je suis assis près de la fenêtre en train d’observer ce petit coin de rue. Une heure pendant laquelle dame pluie n’a pas baissée en intensité ; une bonne heure pendant laquelle elle déverse des tonnes d’eau sur cette terre. L’eau monte, elle monte toujours et vite ; maintenant elle dépasse largement le niveau des chevilles.

Il faut pourtant regagner son domicile ; il faut cuisiner. Alors Les dames en provenance du marché du quartier font du mieux qu’elles peuvent. Elles pataugent, ça et là, avec un panier remplie de condiments et parfois sans parapluie. Un bonnet en plastique pour ne pas se mouiller les cheveux. Je les regarde regagner leurs domiciles.

Je me rappelle encore des images de cette inondation qui ont été diffusée à la chaîne nationale. De l’eau de ruissellement avait pénétré dans des maisons la nuit alors que les occupants dormaient. L’eau mouilla une bonne partie de leurs biens et causa la destruction de certains d’entre eux. Ce jour-là, il avait plu sans interruption. Les caniveaux bouchés par les ordures n’auraient pas rempli leurs rôle et l’eau auraient débordé vers les habitations. Espérons que ce genre d’incident n’arrivera pas aujourd’hui car je vois que l’eau monte, toujours.

Je m’ennuie, je voudrais que cette pluie cesse enfin pour que je puisse sortir et me promener. Mais sachant que cela m’est impossible pour l’instant alors j’opte pour une autre solution, un plan B : la lecture ! Rapidement je sors mon nouveau livre que j’avais rangé le mois dernier par manque de temps et je me plonge dans ses pages avec appétit. Peu à peu j’oublie la pluie au fur et à mesure que je feuillette les pages de mon livre car en ce moment mon livre est mon monde, le monde est le livre. Alors qu’il pleuve !

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