Billet n°100 : Adieu Mondoblog, promis je ne pleure (presque) pas !
Par Alpha Oumar Baldé, alias Doudou, celui qui bloguait pendant que les autres suivaient des formations…
Il était une fois, dans un coin pas si caché du Web, un petit bout de moi étalé sur une page blanche numérique. Cent fois, j’ai cliqué sur “Publier” comme on balance une bouteille à la mer. Et cent fois, des lecteurs – toi, lui, elle, eux, vous ! – ont ramassé mes mots, les ont lus, parfois même aimés (si, si, j’ai les statistiques).
Aujourd’hui, me voilà arrivé au dernier billet de mon blog sur Mondoblog. Le 100e. Le centième. Le chiffre rond, le gâteau avec bougie. Le dernier épisode de la saison, le moment où tout le monde pleure sauf moi… parce que moi, je rigole (mais avec des larmes de crocodile, hein).
« Mondoblog ferme ses portes, franchement j’ai le seum. »
Alors que l’équipe de Mondoblog RFI annonce la fin du projet Mondoblog, avec des mots doux et une voix mielleuse qui te dirait presque que c’est une bonne nouvelle, moi j’avoue : j’ai le seum.
Peut-être que je peux me tromper dans mes recherches hien. Si c’est le cas, alors rectifiez-moi en commentaire: quinze ans de blogging francophone ; des blogueuses et blogueurs de 70 pays ; cinq formations internationales ; des ateliers ; des projets… Et moi qui espérait suivre la formation de Madagascar ? Nada. Aucune formation depuis.
Mondoblog RFI met vraiment un temps fou à arriver, j’ai attendu une éternité… À Conakry, pendant que je poireautais, un escargot a eu le temps de faire le tour de Madagascar — et de revenir me souffler à l’oreille que je ferais mieux de passer à autre chose.
Pas même un T-shirt Mondoblog (si, peut-être une fois, un rêve, mais il était en noir et blanc). J’ai blogué dans le désert numérique, sans gourde ni boussole. J’ai crié « À moi la formation !« , mais personne n’a répondu.
Et pourtant, j’étais là. Fidèle au poste. Avec ma plume trempée dans la sueur des taxis de Conakry, dans les gouttes de mes colères, dans les sourires des enfants qui jouent au « symbole » à l’école, dans la douleur des migrants et la poésie des matins pas comme les autres.
Ce blog, c’était… moi
Cent billets. Cent histoires. Cent raisons de croire que les mots, même non sponsorisés par une formation, peuvent porter loin. J’ai parlé de la Guinée, de son franc glissant comme une savonnette dans un seau d’eau trouble. J’ai raconté mes trajets entre un « clando » et un vieux taxi conduit par un papi plus pro que Fast & Furious. J’ai osé écrire en vers, en prose, et même en humour noir de café bien corsé.
Le blog, c’était mon confessionnal, mon bureau d’étude sociale, mon carnet de bord d’un jeune africain en observation permanente. J’ai fait rire, grincer, réfléchir. Parfois, j’ai même fait pleurer (je crois ?).
Et maintenant ?
Maintenant, Mondoblog ferme ses portes. À nous de décider si nous restons dehors à pleurnicher ou si on ouvre nos propres fenêtres ailleurs. Moi ? Je vais laisser mes contenus sur la plateforme, libre à Mondoblog de les archiver ou non. Peut-être je vais ouvrir un nouveau blog, en solo ou en gang de blogueurs orphelins. Peut-être que je vais créer une secte. Une confrérie. « Les Anciens du Mondoblog ». Avec une devise : “Ni reconnus, ni formés, mais toujours inspirés !”
Et puis soyons honnêtes, Mondoblog a réussi. Ils ont réveillé une génération. Ils m’ont appris sans m’enseigner. Et même sans badge de formation, j’ai grandi. Comme dirait un vieux dicton: « Peu importe la longueur de la nuit, le jour finira toujours par se lever. ».
Alors je vais continuer à bloguer. Pas pour être vu, ni lu, mais parce que j’ai encore trop de choses à dire… et à rire.
En guise d’au revoir (mais pas d’adieu)
À tous ceux et celles qui m’ont lu depuis mon premier billet maladroit jusqu’à celui-ci, un immense merci. Merci d’avoir cliqué, commenté, partagé. Merci de m’avoir fait sentir que ma voix comptait, même sans micro.
Je reste Doudou. Celui qui écrit quand il devrait dormir. Celui qui transforme ses frustrations en chroniques, ses larmes en vannes, et son clavier en kaléidoscope du quotidien guinéen.
Rendez-vous ailleurs. Peut-être sous un autre nom. Mais toujours avec les mots.
PS : Ne jetez pas vos billets de 100 GNF… ils pourront servir à acheter un souvenir du blog, genre une copie imprimée que je vous vendrai au marché noir. 😉