Les discours haineux sur les réseaux sociaux : un fléau à combattre ensemble
Chaque jour, nous mesurons l’impact des mots, surtout sur les réseaux sociaux. Ces plateformes, censées être des espaces d’échange et de partage, se transforment parfois en véritables champs de bataille verbale. Là où nous devrions voir de la solidarité, nous trouvons des flots de haine. Là où l’on s’attend à du débat constructif, nous tombons sur des discours toxiques qui fragmentent notre société.
Le poison invisible des discours de haine
J’ai toujours cru au pouvoir des mots. Une parole bien placée peut élever, inspirer et réunir. Mais à l’inverse, elle peut détruire, diviser et semer le chaos. Les réseaux sociaux ne sont pas seulement des outils de communication, ils sont aussi des amplificateurs d’émotions. Un simple commentaire peut enflammer une discussion, radicaliser des esprits et même déclencher des violences bien réelles.
En Guinée, nous l’avons vu lors des périodes électorales, où chaque post devient une arme, chaque tweet une étincelle sur un baril de poudre. La haine, qu’elle soit ethnique, politique ou religieuse, ne reste jamais confinée au monde virtuel. Elle contamine le réel, s’infiltre dans nos quartiers, nos familles, nos relations.
Pourquoi devons-nous dire stop à ces discours ?

- Parce que les mots ont du poids. Derriere un écran, on oublie parfois qu’il y a des êtres humains, avec des sentiments, des blessures, des rêves. Un commentaire n’est jamais juste une phrase anodine. Il peut être une gifle ou une caresse, une insulte ou un encouragement.
- Parce qu’ils minent notre avenir commun. Nous voulons une Guinée forte, unie, prête à affronter les défis du futur. Mais comment bâtir sur des fondations fissurées par la haine ? Chaque injure ethnique, chaque diffamation politique, chaque appel à la violence creuse un fossé plus profond entre nous.
- Parce qu’ils déshumanisent. Quand on commence à réduire une personne à son appartenance ethnique, politique ou religieuse, on la dépossède de son individualité, de sa richesse personnelle. On ne voit plus un frère, une sœur, un ami, mais un ennemi imaginaire.
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Que pouvons-nous faire ?

Nous avons tous un rôle à jouer dans ce combat. Ce n’est pas seulement aux plateformes ou aux gouvernements d’agir, c’est à nous aussi, citoyens du monde numérique.
- Avant de poster, réfléchissons. Est-ce que mon message apporte quelque chose de positif ? Est-ce qu’il pourrait blesser quelqu’un ?
- Signalons les discours haineux. Les réseaux sociaux offrent des outils pour signaler les contenus dangereux. Utilisons-les.
- Privilégions un langage de paix. On peut ne pas être d’accord et débattre sans s’insulter ni se détruire.
- Sensibilisons notre entourage. Un simple rappel à un ami, un collègue ou un membre de la famille peut faire la différence.
Construisons ensemble un espace de dialogue respectueux
La Guinée a besoin de nous, de chacun de nous. Un pays ne se développe pas dans la discorde, mais dans l’unité. Nos diversités doivent être une richesse, pas une excuse pour se détester.
Alors, faisons le choix de l’intelligence, de la tolérance et du respect. Parce qu’au final, ce ne sont pas les insultes qui feront avancer notre pays, mais les idées, les solutions et les actions positives.
