Cours, cours, pauvre piéton guinéen !

Article : Cours, cours, pauvre piéton guinéen !
Crédit: Alpha Oumar Baldé CC doudoufie.mondoblog.org
28 décembre 2024

Cours, cours, pauvre piéton guinéen !

Chaque jour, marcher dans les rues de Conakry, c’est affronter une véritable jungle. Les feux rouges ? Rares, presque inexistants. Et pour les quelques-uns encore debout, ils ne sont que des ornements, ignorés par des automobilistes qui semblent penser que les règles de la route ne s’appliquent qu’aux autres. Malheureux le piéton !

Je suis piéton

Oui, je possède une voiture, mais je marche aussi. Chaque fois que je tente de traverser une route, je ressens cette peur sourde, ce stress de voir un véhicule surgir, accélérer, klaxonner, comme si ma vie n’avait aucune valeur. Les excès de vitesse, le non-respect des passages pour piétons, et cet incivisme rampant me laissent perplexe.

Les « bombonna » : champions de l’anarchie routière

Les taxis tricycle : une menace sur les routes de Conakry
Un Bonbonna de Conakry, par Alpha Oumar Baldé CC doudoufine.mondoblog.org

Parmi les champions de l’anarchie routière, les chauffeurs de tricycles, ces fameux «bombonna», se distinguent tristement. Ils roulent comme si la route leur appartenait, ignorant délibérément les rares règles en place. Et pourtant, ils ne sont pas les seuls. Les voitures, les taxis, les camions, tous semblent pris dans une course effrénée, pressés de nulle part.

Cours, champion, car personne ne s’arrêtera pour toi

Les automobilistes s’arrêtent rarement pour laisser passer les piétons. Pour traverser, il faut attendre de longues minutes, et quand une occasion se présente enfin, il faut courir. Oui, courir pour échapper à ces véhicules qui avancent comme un cortège d’un président africain, impatients, bruyants, parfois même hostiles. « Cours, cours, cours, pauvre piéton ! », semblent-ils nous dire.

Mais pourquoi cette précipitation ?

Pourquoi ce mépris pour la vie d’autrui ? Très souvent, il n’y a rien d’urgent. Pas de rendez-vous vital, pas de situation critique. Juste une habitude, celle de toujours vouloir aller vite, au mépris des autres.

Photo by bbrunyck via Iwaria
Crédit : bbrunyck via Iwaria

Je rêve d’un Conakry où chacun respecterait les règles de base, où les feux rouges seraient fonctionnels et respectés, où les piétons ne seraient pas forcés de risquer leur vie à chaque carrefour. Je veux croire que nous, Guinéens, pouvons changer. Nous devons apprendre à nous aimer, à respecter l’autre, qu’il soit conducteur ou piéton.

Pourtant, la route est un bien commun à tous les Guinéens

La route appartient à tout le monde. Si nous voulons une société plus juste et plus humaine, cela commence par ces gestes simples : ralentir, céder le passage, respecter la vie. Alors, mes compatriotes, arrêtez de courir. Aimons-nous et respectons-nous sur la route.

Et à vous, chers automobilistes, la prochaine fois que vous voyez un piéton attendre pour traverser, prenez une seconde, freinez, et laissez-le passer. Cette simple action pourrait changer votre journée… et sauver une vie.

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