Étudier la Médecine en Guinée, un parcours de combattant

Faculté de Médecine.
Chacun  d’entre nous qui arrive ici est rempli d’espoir et est près à se jeter dans le vide par amour pour ce métier oh bien que noble qu’est celui de sauver des vies. Pour cela nous sommes prêts à sacrifier une bonne et belle partie de notre vie – notre jeunesse – pour y arriver. Être Médecin, sauver des vies demande beaucoup de sacrifices. Il faut étudier, se consacrer entièrement à ses études. Les années que nous passerons dans les différents hôpitaux seront les meilleures mais aussi les plus pires de nos vies ! Nous serons mis à rude épreuves, certains d’entre nous s’en sortirons et mèneront un belle carrière et d’autres échoueront et finiront par opter pour d’autres métiers moins exigeants car ici en faculté de Médecine seuls les plus courageux d’entre nous et les plus chanceux pourrons réussir. Pour être Médecin le chemin à parcourir est long et croyez-moi il n’y a que les plus courageux d’entre nous qui y parviennent : l’intelligence n’est qu’un coup de pouce !
Nous avons repris les stages cliniques depuis plus d’un mois ; l’épidémie du virus Ebola qui avait suspendu le stage précédent n’est plus qu’un mauvais souvenir qui nous a laisser un goût amère ! Les stages pratiques, nous les réalisons dans les différents Centres Hospitalo-universitaires de Conakry.

Aux yeux des Médecins qui nous encadrent, nous ne sommes ni plus ni moins que des stagiaires autant dire rien, personne ! Ils nous ordonnent de faire la ronde dans les salles des patients afin de vérifier leurs paramètres vitaux et remplissage des fiches de surveillance : le monitoring en quelque sorte, vu que les hôpitaux manquent cruellement (pour ne pas dire n’ont pas) d’équipement de surveillance des fonctions vitales des patients et pas que… donc le stagiaire est la machine qui est chargée de surveiller tout ! Cela représente une lourde responsabilité.

Nous recueillons les différentes plaintes des patients et nous sommes là quand les seniors réalisent les soins aux malades, nous écrivons les prescriptions et nous travaillons jusqu’à l’épuisement et surtout sans nous plaindre ! Mais cela ne nous dit rien, on encaisse et on se tait. Nous savons que tous les gestes qu’ils nous ordonnent de faire nous permettent de nous rapprocher des patients afin d’acquérir de l’expérience ce qui est le but ultime de notre formation !

Travailler de nuit, avoir des horaires complètement décalés avec des nuits blanches nous rend complètement en décalage par rapport au monde : on n’est pas dans le monde hein !

Non mais… Baver par certains moments et puis craquer et enfin prendre du recul sur la situation, s’auto-évaluer pour corriger ses défauts et enfin arriver à suivre le rythme, voilà le chemin tracé et voilà le dogme que nous sommes obligés de suivre ! Les anciens sont déjà passé par là, ils ont réussi ; pourquoi pas nous !? De nos jours, ils représentent l’élite, demain se sera à nous de les remplacer. Demain ce sera nous l’élite, nous devons travailler dur  pour mériter cette responsabilité future !
Le travail est un outil pour être heureux dans cette vie, le travail nous rend libre. Quand on commence à se sentir bien dans son travail c’est une excellente chose car cela nous rend beaucoup plus  performant et beaucoup plus productif.

En tant que nouveau, en tant que « bleu » nous savons comment reconnaître les signes de la satisfaction de nos maîtres quant à la qualité de notre travail que nous abattons tous les jours. Parmi ces signes il y a bel et bien : le respect ; la confiance ; le droit d’être appelé par son nom et enfin plus de bienveillance à notre égard c’est-à-dire l’assouplissement des tâches à accomplir et l’adoucissement des éventuelles sanctions ! Mais gare à toi le petit, le « nouveau » : ces signes sont souvent trompeurs car ils ne sont jamais définitifs. Tu dois te battre, persévérer pour pouvoir garder tout ces petits privilèges que les grands nous accordent. Les grands, les seniors ont des humeurs très changeantes qui fluctuent en longueur de journée !

A l’heure du bilan, si certains d’entre nous sont certains d’avoir réaliser un grand pas en avant, d’autres mesurent encore le chemin qui leurs restent à parcourir pour faire partir des médecins de demain. Quant à moi je garde patience, je baisse la tête et j’endure car l’avenir nous réserve plein de surprises comme nous le dit ce célèbre adage : « petit à petit l’oiseau fait son nid », ne brûlons pas les étapes – l’humilité précède la gloire : restons humbles !

À propos de l'auteur

Alpha Oumar Baldé

Etudiant de Médecine et blogueur sur le réseau Mondoblog et à la LVDJ-UNICEF

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