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Stade du 28 septembre parJeff Attaway from Abuja, Nigeria CC commons.wikipedia.org

Stade du 28 septembre par Jeff Attaway from Abuja, Nigeria commons.wikipedia.org

Tout d’abord, revenons sur quelques événements marquants de notre histoire :

Nous sommes le 28 septembre 1958, un grand referendum est organisé en Guinée qui était à cette époque une colonie française. Le peuple de Guinée participa à un vote pour décider si « Oui » ou « Non » il voulait continuer à être sous dépendance française. Le 28 septembre 1958, le NON l’emporta avec une majorité écrasante ! La Guinée fut la seule colonie à rejeter le projet de constitution qui visait à l’intégrer dans la communauté française. Grâce à ce vote, le 2 octobre 1958 plus tard, la Guinée proclame son indépendance et depuis ce jour elle accède à la souveraineté nationale ! Fin de l’histoire…
Nous sommes le 28 septembre 2009, soit 51 ans plus tard, le peuple se rassembla pour un meeting politique au ‘’stade du 28 septembre’’, un stade qui porte le nom de la date du grand referendum qui s’est tenu en 1958, vous me suivez j’espère ? Pendant que les manifestants criaient ‘’Vive la démocratie’’ et scandaient d’autres slogans encore plus beaux, un groupe de militaires sorti de nul part tira à balles réelles sur eux faisant état de centaines de morts et d’innombrables blessés selon cet article de Human Rights Watch (HRW). Ces mêmes ‘’lakoro’’(soldats pourris) se sont aussi jetés sur certaines de nos sœurs pour les violer, faits confirmés dans ce même rapport de Human Rights Watch. Une marche pacifique pourtant, une marche des fils et filles de la Guinée pour réclamer Démocratie qui se termina en véritable cauchemar. Fin de l’histoire…

Nous somme le 28 septembre 2016, aujourd’hui donc, et l’on se demande toujours pourquoi ils ont travesti notre fête nationale !? Pourquoi, après sept ans jour pour jour, il n’y a toujours pas eu de justice pour les victimes de ce drame national !? Mais pensons à toutes ces femmes, à nos sœurs et à nos mères qui ont mal dans leurs chaires et qui souffrent le martyr dans leurs esprits à cause de ce qu’elles ont subit le 28 septembre 2009. Pourquoi justice tarde-t-elle encore à se faire pour le bien de ces dames qui sont – je vous le rappelle encore – nos mères et nos sœurs ? Elles méritent bien un peu d’attention, après tout ce qu’elles ont subit. Et tous ces blessés de l’époque, et tous ces morts alors ? Rendons les hommages :

Comment tout cela peut-il rester impuni dans un pays libre et où l’on dirait qu’il règne -jusqu’à preuve du contraire – une liberté d’expression. Ne dit-on pas que la démocratie c’est la voix du peuple, par le peuple et pour le peuple ; ne dit-on pas que ‘’Vox populi Vox dei’’ ? Le 28 septembre 2009, un voix a parlé ( celle du peuple) et une autre voix l’a étouffée. Étrangler serait mieux adapter pour décrire cet acte.
Et la presse dans tout ça ? Les radios et les journaux écrits foisonnent ici en Guinée mais – oh mon Dieu – que de voix si éteintes, qui passent leurs journées à nous arranger de publicités, pourquoi les stylos ne fonctionnent-ils pas pas sur ce sujet ? Et sur ce coup, l’on pourrait tirer la conclusion à savoir que les journalistes ne veulent(ou ne peuvent) pas faire la tâche qui leur revient de droit. Et même sur twitter, je me posais des questions : Le journalisme d’investigation existe-t-il en Guinée ?


Si oui, tout cela nous amènerait à nous demander si nos journalistes ne seraient-ils pas que des marionnettes aux ficelles tirées par les pouvoirs du Palais Sékoutouréya … Chers journalistes, je n’ai rien contre vous, simplement : le dossier du 28 septembre, voilà du vrai travail pour vous, mes chers. Ne laissez pas les médias internationaux venir couper le gazon sous vos pieds et vous répliquez implicitement ou explicitement : « c’est à la justice de s’en occuper ». D’accord, attendons la justice aussi longtemps qu’elle traînera, le peuple lui ne meurt jamais. l’histoire continue …

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